
Catherine Kintzler, philosophe et professeur émérite à l'Université de Lille 3 nous a envoyé cette tribune au titre du Collectif pour la promotion de la laïcité. Celui-ci, inquiet de l'accord
entre la France et le Vatican sur la reconnaissance des diplômes, organise ce mercredi avec quinze parlementaires une conférence de presse pour demander l'annulation du décret. Par ailleurs, une
pétition sur ce sujet a déjà recueilli 12 000 signatures.
Dans la lignée des discours sur la « laïcité positive » prononcés par Nicolas Sarkozy à Latran et à Riyad, la France a signé le 18 décembre avec le Saint-Siège un accord ayant pour
objet « la reconnaissance mutuelle des grades et des diplômes de l'enseignement supérieur délivrés sous l'autorité de l'une des parties ».
Cela veut dire qu'un diplôme délivré par l'enseignement supérieur catholique habilité par le Saint-Siège sera reconnu, à niveau comparable, par la République. On peut lire ici le décret du 16
avril 2009.
A première vue, pas de quoi s'alarmer : ce genre d'accord est fréquemment signé avec d'autres Etats européens… Alors pourquoi pas le Saint-Siège ? C'est un Etat comme un autre, et puis
nous sommes dans un vaste mouvement de reconnaissance des diplômes au niveau européen.
Sauf que le Saint-Siège n'est pas un Etat comme un autre.
Dirigé par un monarque, il ne fait pas partie de l'Union européenne, laquelle impose des conditions démocratiques pour toute admission, conditions que le Saint-Siège ne remplit pas.
Et, comme chacun sait, ce n'est pas seulement un Etat : c'est une instance religieuse fixant une doctrine qu'elle a pour mission de répandre - une puissance religieuse prosélyte.
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Par nicolas simiot
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Les drapeaux rouges frappés de la faucille et du marteau ont réapparu dans les rues de Katmandou, flottant sur des cortèges en colère. A voir ces manifestants
échouant invariablement devant le siège de la présidence de la République, protégé par une police antiémeute casquée et flottant dans sa tenue de camouflage bleue, on peine à imaginer que les
maoïstes népalais dirigeaient le pays, il y a trois semaines.
Depuis le 4 mai, les militants du Parti communiste unifié du Népal (UCPN-M) brandissent à nouveau leurs poings fermés. Slogans rageurs, échauffourées : où est le Népal réconcilié qui avait tant
impressionné la communauté internationale ? De quel péril est porteur le départ des maoïstes du gouvernement, annoncé avec fracas début mai ? Est-ce l'amorce de la fin du "processus de paix" qui
avait clos à l'automne 2006 une sanglante guerre (13 000 morts) de dix ans entre l'armée et la rébellion maoïste ?
On n'en est certes pas encore là. "On aurait pu s'attendre à bien pire, un coup d'Etat de l'armée ou des affrontements déclenchés par les maoïstes", se rassure un diplomate européen.
Mais l'affaire est jugée grave par tout le monde. Le 4 mai, Pushpa Kamal Dahal, le chef de l'UCPN-M, a démissionné du poste de chef de gouvernement, mettant ainsi un terme à huit mois
d'expérience maoïste au pouvoir dans ce mini-Etat himalayen coincé entre l'Inde et la Chine. En avril 2008, les ex-rebelles recyclés dans le jeu politique avaient enlevé une majorité relative à
l'Assemblée constituante, un score inattendu qui permettait à leur chef d'accéder en août à la tête d'un gouvernement de coalition. Huit mois plus tard, ils jettent l'éponge. Retour à la case
départ ?
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Par nicolas simiot
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